Élaboration d’une stratégie globale pour réduire les concentrations de plomb dans l’eau du robinet au Canada

Directrice de projet : Michèle Prévost, Ph. D., professeure et titulaire de la Chaire industrielle du CRSNG en eau potable, Département des génies civil, géologique et des mines, École Polytechnique de Montréal

Équipe de projet : Ce projet multidisciplinaire est mené par une équipe de chercheurs canadiens exceptionnels : trois titulaires d’une chaire industrielle du CRSNG (Michèle Prévost, École Polytechnique de Montréal; Robert Andrews, Université de Toronto; et Graham Gagnon, Université Dalhousie), un titulaire d’une chaire de recherche du Canada (David Fleming, Université Mount Allison), un médecin en santé environnementale de renom (Patrick Levallois, Université Laval) et un économiste en environnement réputé (Mohammed Dore, Université Brock).

Le projet repose aussi sur la participation et l’expertise d’organismes fédéraux et provinciaux (les ministères de la Santé et les ministères de l’Environnement de trois provinces), et de six municipalités, dans trois provinces, qui regroupent plus de 5 millions de personnes (Municipalité régionale de Halton, Ville de Montréal, Ville de Laval, Municipalité régionale de Halifax, Ville d’Ottawa, et Ville de Welland). Quatorze services publics canadiens et organismes fédéraux et provinciaux participent également à l’étude.

Objectif : L’objectif du projet est d’élaborer une stratégie globale pour réduire les concentrations de plomb dans l’eau du robinet au Canada.

Description du projet : Le projet s’attaque à des questions liées à la mesure de concentrations de plomb. Les résultats des travaux serviront à définir le problème et à déterminer les approches les plus efficaces et efficientes pour contrôler la présence de plomb dans l’eau potable. Pour réaliser ces travaux, les chercheurs ont recours à divers moyens : études par observation sur la santé, préparation de livres blancs, essais sur le terrain et en laboratoire, études à pleine échelle et analyses économiques. Figurent ci-après les objectifs spécifiques du projet et les activités qui sont menées pour les réaliser.

Objectif 1 : Évaluer l’exposition au plomb dans l’eau du robinet et les concentrations de plomb dans le sang qui en résultent chez un échantillon de la population
Les études sur la santé menées dans le cadre du projet comportent deux phases : déterminer la provenance et la présence de plomb dans l’eau, et l’importance relative de l’exposition au plomb, et évaluer l’impact de la présence de plomb dans l’eau du robinet sur les concentrations sanguines de plomb (CSP) chez un échantillon d’enfants canadiens âgés d’un an à cinq ans, au moyen d’une étude épidémiologique.

L’étude sur les CSP est menée auprès de 900 enfants qui vivent dans trois municipalités canadiennes. Parmi eux, 600 enfants qui boivent de l’eau du robinet ont été sélectionnés dans des régions où les entrées de service sont en plomb. Un autre groupe de 300 enfants ont été sélectionnés en fonction de leur faible risque d’exposition au plomb dans l’eau du robinet, soit parce qu’ils boivent de l’eau du robinet dans des régions où il n’y a ni entrées de service ni soudures en plomb, soit parce qu’ils consomment de l’eau embouteillée ou filtrée dans des régions où les entrées de service sont en plomb. Un infirmier autorisé se rend au domicile de ces enfants, accompagné d’un technicien d’hygiène du milieu. Ils font un prélèvement sanguin à chaque enfant, et soumettent l’un de ses parents à un questionnaire détaillé sur la consommation d’eau et l’alimentation de l’enfant au cours du mois précédent.

La deuxième phase des travaux comporte une évaluation environnementale approfondie menée auprès de tous les enfants dont la CSP mesurée est élevée et auprès d’un groupe contrôle d’enfants, soit des enfants dont la CSP est faible. Ces travaux fourniront des données sur les CSP des enfants canadiens âgés d’un an à cinq ans, une évaluation de l’impact sur les CSP de la présence de plomb en provenance de l’eau du robinet et d’autres sources à l’intérieur des maisons et la validation des modèles biocinétiques disponibles pour prédire les CSP chez les populations susceptibles d’être exposées au plomb au Canada.

Les travaux prévus au titre de l’objectif 1 sont en partie financés dans le cadre d’une étude de Santé Canada intitulée « Impact des concentrations de plomb dans l’eau potable sur l’exposition au plomb de jeunes enfants » et menée par Tye Arbucle et son équipe. M. Levallois et Mme Prévost participent à ce projet à titre de co-chercheurs.

Objectif 2 : Élaborer et valider des protocoles et des plans d’échantillonnage pour évaluer les concentrations de plomb dans l’eau du robinet et en comprendre les causes
L’objectif 2 vise deux aspects clés de l’échantillonnage en vue d’évaluer les concentrations de plomb dans l’eau du robinet : le protocole d’échantillonnage, qui décrit le mode de prélèvement et d’analyse des échantillons, et le plan d’échantillonnage, qui définit le nombre et le lieu des sites d’échantillonnage à surveiller et la fréquence de la surveillance. Les travaux prévus au titre de l’objectif 2 comprennent l’examen des lignes directrices, de la réglementation et des pratiques de surveillance du plomb au Canada; une comparaison des protocoles d’échantillonnage utilisés dans des réseaux à pleine échelle; et la détermination des meilleurs plans d’échantillonnage en fonction d’objectifs de surveillance spécifiques.

Objectif 3 : Concevoir des outils d’aide à la décision afin de définir les stratégies et les solutions les plus efficientes pour réduire les concentrations de plomb dans l’eau du robinet
Quand ils commenceront à recueillir des données sur les concentrations de plomb dans l’eau du robinet, les services publics auront rapidement besoin de mettre en œuvre un plan d’assainissement. Ils ne pourront élaborer ce plan que s’ils disposent de données adéquates et suffisantes sur les caractéristiques du réseau de distribution, tels le nombre et l’emplacement des entrées de service en plomb, le type de libérations de plomb et des données représentatives sur la qualité de l’eau. Les tâches suivantes permettront de combler le déficit de connaissances en vue d’élaborer et de valider des mesures correctives : élaboration d’une méthode d’inventaire des sources de plomb dans un réseau de distribution; évaluation de la corrosivité d’une source; évaluation de l’efficience des mesures correctives; et validation des mesures correctives dans un réseau de distribution à pleine échelle. Ces activités de recherche renforceront la capacité des services publics partenaires de résoudre le problème de la corrosion du plomb.

De plus, le projet permet la formation multidisciplinaire d’étudiants diplômés dans les domaines de la santé, des matériaux, de la chimie, de l’hydraulique, et du génie civil et environnemental dans cinq universités : École Polytechnique de Montréal, Université de Toronto, Université Dalhousie, Université Brock et Université Laval.

La contamination par le plomb des réseaux de distribution est un problème susceptible d’être plus difficile et plus coûteux à régler que l’apport de mesures correctives au traitement de l’eau aux fins de conformité à la réglementation sur la désinfection et les sous-produits de désinfection. Le projet doit contribuer à réduire l’exposition des Canadiens au plomb dans l’eau potable, plus particulièrement des jeunes enfants. C’est un enjeu important pour les municipalités et les décideurs qui doivent répartir leurs ressources entre plusieurs priorités.

Article sur un projet de recherche antérieur de Michèle Prévost, Ph. D., financé par le RCE (en anglais)