Options et innovations pour la prévention de la pollution de sources diffuses et gestion des ressources hydriques dans la vallée du bas Fraser

Hans Schreier, Université de la Colombie-Britannique, 2005 - 2007
Enjeu

La vallée du bas Fraser en Colombie-Britannique est une région en pleine expansion et de ce fait, elle a connu une augmentation des sources diffuses de pollution causée par l’expansion urbaine et l’intensification de l’agriculture. Le nombre de têtes de bétail a bondi dans le bassin versant, comme l’indique l’augmentation de 28 % du nombre de poulets de 1996 à 2001, alors que la population humaine s’est accrue de 5 % dans la même période. L’expansion urbaine s’est produite principalement dans les terres hautes, puisque les terres agricoles sont protégées, ce qui a créé un danger potentiel d’inondation dans les basses terres agricoles et de pollution provenant du ruissellement des eaux d’orage. Dans bon nombre de secteurs, l’épandage annuel d’éléments nutritifs (azote et phosphore) est supérieur aux besoins des cultures. Ces impacts combinés menacent les sources souterraines d’eau potable et l’habitat du saumon. 

L’équipe de recherche a combiné diverses techniques pour déterminer les charges de contaminants dans les 30 sous-bassins contribuant à la vallée du bas Fraser (VBF). Les chercheurs se sont attaqués au défi de passer de l’échelle des sous-bassins à celle du bassin versant dans son ensemble, en reliant les données d’utilisation des terres aux données sur la qualité de l’eau à l’aide du système d’information géographique (SIG), des budgets d’éléments nutritifs, des données de surveillance des cours d’eau, des données hydrométriques et de modélisation. L’équipe a également évalué les bonnes pratiques de gestion (BPG), fournissant de ce fait des renseignements précieux pour élaborer des mesures novatrices de protection applicables à l’échelle du bassin. 

Projet

Les chercheurs ont examiné les charges en éléments nutritifs et métaux dans la VBF, et ce pour toutes les terres agricoles, de même que pour 20 municipalités. Les données ont été présentées dans un format SIG pour permettre les comparaisons historiques. Les résultats ont indiqué où avaient eu lieu des épandages d’azote (N) et de phosphore (P) à des concentrations supérieures aux besoins des cultures et ont prédit où le risque d’eutrophisation était le plus élevé dans la VBF. Ils ont recueilli des échantillons de sédiments du lit du fleuve afin d’analyser les oligoéléments (métaux-traces), reproduisant une évaluation réalisée en 1973.  

Les chercheurs ont collaboré avec le comté de Langley pour élaborer un programme centré sur la conservation de l’eau, la prévention de la pollution, la protection et la remise en état des ressources hydriques. Les études à l’appui de cette recherche portaient notamment sur l’impact de l’utilisation du territoire sur la qualité de l’eau dans quatre aquifères non confinés, où 150 puits présentaient des niveaux importants de contamination par les nitrates. Cette contamination a été reliée au mode dominant d’utilisation des terres dans les zones tampons de 100 m et de 500 m autour de chaque puits, et l’on a constaté que les systèmes septiques, les activités agricoles commerciales et les fermes d’agrément étaient les principales sources de contamination. Les bonnes pratiques de gestion incluaient un meilleur entreposage du fumier et un meilleur entretien des fosses septiques, la réduction de l’apport en éléments nutritifs et la création de meilleures zones tampons. D’autres études dans la région portaient sur les interactions entre l’eau souterraine et l’eau de surface et le recours à des invertébrés benthiques pour déterminer les conséquences à long terme des polluants sur la santé de l’écosystème. Les chercheurs ont également effectué un suivi des sources de bactéries en partenariat avec le Centre for Disease Control de la Colombie-Britannique. 

Ce projet a fourni une comparaison entre le bassin du bas Fraser, le bassin de la rivière Saskatchewan Sud et celui de la rivière Saint-Jean, permettant de déterminer des indicateurs communs à tous ces bassins et de partager les techniques de gestion et de remise en état ayant connu du succès.

Produits
  • Développement d’un site Web qui fournit des renseignements scientifiques à jour sur l’état et la qualité des eaux souterraines et de l’eau de ruisseau dans le bassin de la rivière Salmon, illustrant l’efficacité des BPG et rendant l’information disponible à la communauté dans le cadre d’un programme de sensibilisation du public.
  • D’autres éléments d’information du public ont été ajoutés au site Web pour montrer aux résidents ce qu’ils peuvent faire pour conserver l’eau. Le programme porte le nom de Water Wise et on en fera l’annonce dans les forums communautaires et les écoles cet été, lorsque l’utilisation de l’eau est maximale.
  • Développement d’un programme de conservation de l’eau (Water Wise) en collaboration avec le comté de Langley.
Résultats
  • Des changements dans les habitudes du public et des municipalités reliés aux bonnes pratiques de gestion pour des mesures de protection novatrices.
  • Des prises de décisions éclairées de la part des organismes de bassins versants et des municipalités
  • Capacité accrue découlant de la formation de nombreux étudiants de deuxième ou troisième cycle ayant participé à ce projet.
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Équipe de Recherche et Partenaires:

Équipe de Recherche

Hans Schreier, Université de la Colombie-Britannique
Ken Hall, Université de la Colombie-Britannique
Judy Isaac-Renton, B.C. Centre for Disease Control
Kelly Munkittrick, Université du Nouveau-Brunswick
Leyland Jackson, Université de Calgary
Mark Servos, Université de Waterloo

Partenaires

Gouvernement de la Colombie-Britannique
Environnement Canada
Comté de Langley
District régional du grand Vancouver