Perceptions des consommateurs à l’égard des risques sanitaires associés à l’eau municipale

Diane Dupont, professeure, Université Brock
Enjeu

Selon la recherche antérieure sur les perceptions du public concernant la salubrité de l’eau du robinet, près d’un quart des répondants pensaient que leur eau de robinet posait au moins un risque de santé mineur. De plus, un grand nombre de répondants indiquaient qu’ils achetaient régulièrement de l’eau embouteillée pour leur consommation à domicile en raison de préoccupations de santé.  

Ce projet visait à faire du Canada un chef de file en ce qui concerne les préférences et les perceptions des consommateurs par rapport à la qualité de l’eau. Les chercheurs ont ciblé l’écart entre les risques perçus relatifs à l’eau potable et les risques sanitaires réels, en vue de cerner les implications de cet écart. Ils ont également examiné les facteurs qui expliquent le développement des perceptions des risques parmi les consommateurs normaux. Cette nouvelle compréhension aidera les chercheurs à créer des outils et des méthodes qui communiquent les risques sanitaires de façon plus efficace. 

Projet

Dans la première étape du projet, les chercheurs ont analysé des données sur les dépenses mensuelles liées à l’eau en bouteille et les systèmes de filtration à domicile afin de décrire les habitudes d’achat de substituts à l’eau du robinet. Ils ont ensuite mené une enquête visant à quantifier les risques sanitaires perçus associés à l’eau du robinet. Les réponses ont été combinées pour créer une variable instrumentale qui a été comparée avec les opinions d’experts afin de définir un « écart de perception ».

Les chercheurs ont étudié l’influence de variables sociodémographiques (comme l’âge et le revenu) sur les perceptions des risques parmi les consommateurs. Ils ont utilisé une enquête sur les préférences et ont ainsi évalué quelque 500 foyers un peu partout au Canada. Cette enquête a été complémentée par des groupes de discussion qui ont examiné les effets de l’utilisation de différents types de formulations, d’information et de représentations graphiques de ces effets sur les perceptions des risques. Les chercheurs ont ensuite partagé ces données avec les gestionnaires des services d’approvisionnement en eau afin de les aider à cerner les meilleures façons de communiquer l’information sur la salubrité des systèmes municipaux d’approvisionnement en eau. 

Produits

Le projet a mené à cinq différents types de produits : 

  • Des articles universitaires produits à des fins de présentation dans le cadre de conférences spécialisées sur l’économie et l’environnement et de publication dans des revues examinées par les pairs
  • Des rapports, des présentations et des données sur les avantages pour les programmes de Santé Canada/Statistique Canada qui requièrent une connaissance de ce que les gens sont disposés à payer pour une eau de meilleure qualité
  • Des documents d’information et des ateliers pour les gestionnaires de l’approvisionnement en eau et les groupes locaux de gestion des bassins versants visant à illustrer la façon de communiquer l’information sur la qualité de l’eau
  • Un « bulletin de notes » environnementales sur les indicateurs environnementaux pertinents que les consommateurs peuvent utiliser pour les aider à réfléchir à des enjeux liés à la qualité de l’eau
  • Des notes de synthèse propres à la publication dans des journaux/revues locaux, en vue de disséminer les résultats du projet auprès d’un public plus général
Résultats
  • Des processus décisionnels éclairés relativement à la quantité et la qualité des réserves d’eau futures : les chercheurs ont examiné les attentes des consommateurs face à leur eau de robinet et leur disposition à dépenser sur des substituts à l’eau de robinet comme l’eau en bouteille.
  • Le fait de cerner la demande d’eau embouteillée a des implications pour l’investissement à long terme dans les services locaux d’approvisionnement en eau, puisque l’eau en bouteille provient souvent de différents bassins versants, ce qui augmente les déplacements transfrontaliers de l’eau. Par exemple, les données peuvent aider à évaluer quels bassins versants sont associés à de fortes demandes en eau et à des transferts d’eau. De plus, l’information sur les choix des consommateurs en matière d’eau peut être utilisée dans des analyses coûts-bénéfices des décisions liées aux investissements dans des infrastructures durables et contribuer à la planification de la gestion des bassins versants.
  • Un autre résultat clé du projet consistait à fournir aux gestionnaires des services d’approvisionnement en eau des explications sur les comportements d’achat d’eau, qui pourraient ensuite être utilisées pour axer les programmes d’éducation et les efforts de communication sur la qualité de l’eau et les risques sanitaires. 
Dupont Consumer Perceptions

Équipe de Recherche et Partenaires:

Équipe de Recherche

Diane Dupont, professeure, Université Brock
Wiktor Adamowicz, professeur, Université de l’Alberta
Alan Krupnik, directeur, Resources for the Future
Pierre Payment, professeur, INRS-Institut Armand Frappier
Steve Hrudey, professeur émérite, Université de l’Alberta

Partenaires

Resources for the Future
Statistique Canada

RAPPORT

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